Sigale

Histoire

dimanche 6 décembre 2009

APERCU HISTORIQUE

Commune d’origine gréco-romaine, peut-être razziée par les Sarrasins entre le VIIIe et le Xe siècle, puis inféodée aux comtes de Provence.

En 1144, le village est cité sous le nom "Cigala".

En 1331, Antoine Sigalon, au nom de la commune de Sigale, prête serment de fidélité au roi Robert d’Anjou, comte de Provence, et à sa fille Jeanne. En 1353, Jacques Michaelis, procureur de Sigale, obtient copie des privilèges de Sigale, confirmés par la reine Jeanne. Le 19 octobre 1388, Sigale se dédie librement au comte de Savoie, qui confirme ses privilèges, ses franchises et ses droits. En 1399, la brouille entre les Grimaldi de Beuil et le comte de Savoie va amener les premiers à s’emparer du château de Sigale et de Roquesteron. En 1400, le conflit s’apaise et les châteaux sont rendus au comte de Savoie. Au milieu du XVIIe, le duc Victor-Amédée, pour renflouer ses caisses, vend des titres de noblesse. Sigale est ainsi inféodée comme seigneurie en 1651 au sénateur Jean-Baptiste Blancardi, puis érigée en comté en faveur du capitaine Annibal Lea en 1664. En 1760, Giuseppe Vittorio Martini Ballayra di Cocconato, censeur de l’Université de Turin, devient le dernier comte de Sigale. Mais ces inféodations, purement nominales, ne changèrent jamais rien aux libertés, aux biens (moulins et domaines) et aux impôts de la commune de Sigale, qui ne versait aucune redevance féodale - hormis celles qu’elle devait au vicaire du village et à l’évêque de Glandèves. De même le château resta possession du pouvoir central et le bayle, malgré une tentative connue d’intervention du seigneur, continua de rendre la justice au nom du souverain. Jusqu’en 1775, Sigale fut administrée par trois consuls élus, un Conseil ordinaire (de douze membres), un bayle (c’est-à-dire d’un "bailli", juge de basse et moyenne justice, librement élu par le Conseil à partir de 1471), assisté d’un lieutenant-bayle, et par divers autres officiers municipaux (trésorier, regardateurs, pacificateurs, etc.). À partir de la réforme sarde de 1775, la charge de consul (syndic), d’une durée de six mois à un an, ne sera plus dévolue qu’à une seule personne, choisie par ordre d’ancienneté dans le Conseil ; le premier magistrat sera assisté de deux conseillers, d’un secrétaire et d’un lieutenant-juge. Poste avancé des États de Savoie-Piémont puis de Sardaigne face à la France, Sigale fut, entre le XVIe et l’extrême fin du XVIIIe siècle, une petite place forte commandée par un capitaine-gouverneur. Du fait de sa position, elle fut plusieurs fois envahie par les Français. Outre les deux occupations qu’elle subit sous Louis XIV, la bourgade fut notamment mise à sac un jour et une nuit en 1793 par le 2e régiment des Volontaires de Lozère, lors de la conquête du Comté par les troupes révolutionnaires françaises.

La bourgade, bien plus étendue qu’on ne le croirait aujourd’hui, était également le centre administratif et religieux de sa région, dite ’"Vallée de Sigale". Elle était à l’origine dotée de deux châteaux (Sigalon, au nord, et Sigale sur l’actuel emplacement de la Tour de l’horloge). La "fortezza" était confié par le pouvoir central à un "Capitaine".

La commune se dota dès 1583 — c’est-à-dire vingt ans à peine après Nice — d’un système d’adduction d’eau couronné par une belle fontaine gothique, érigée par les consuls A. Michaelis, Gabriel Orcel et Gabriel Thomel, fontaine qui est aujourd’hui la plus ancienne du Comté après celle de Peille. Elle possédait un mont granatique (prêt d’argent aux paysans pour l’achat de grains), un "Hôpital de charité" et une confrérie de Pénitents blancs. Au XVIIe siècle, on dénombrait à Sigale plusieurs ecclésiastiques, deux ou trois notaires, un médecin ou un chirurgien, et plusieurs artisans (forgeron, maçon, etc.).

En 1701, le rapport statistique de l’Intendant Mellarede dénombrait à Sigale 197 chefs de famille, soit près de mille habitants.

Contrairement à ce qu’on peut lire ici et là, Sigale ne fut pas incorporée à la France lors du Traité de Turin en 1760. La commune resta sarde jusqu’au rattachement définitif de 1860.

Article Wikipédia réduit et supervisé par Michel Orcel.


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